Mémoire olfactive, entraînement et subjectivité : le rôle de l’humain
Un défaut n’est jamais perçu ex nihilo. L’entraînement, l’exposition répétée et la mémoire olfactive constituent la clé d’identification instantanée. Un professionnel n’a pas plus de récepteurs olfactifs qu’un amateur, mais il les a exercés au fil de centaines voire de milliers de vins différents—sur le terrain, en cave, lors de dégustations à l’aveugle, ou lors de déjeuners dans de petits domaines familiaux.
La subjectivité intervient également. Certaines personnes sont capables de détecter le TCA à des concentrations infimes, tandis que d’autres passeront à côté ; le panel de dégustateurs dans les laboratoires le démontre chaque année lors des concours d’agrément ou des analyses en laboratoires œnologiques.
La mémoire olfactive joue enfin un rôle capital : c’est elle qui associe sans hésiter l’odeur d’une pomme blette à la sensation d’un vin oxydé, ou celle d’un journal moisi à un bouchon contaminé. L’expérience forge le savoir, mais aussi la rapidité de jugement.