Les illusions du verre : retours d’expérience et anecdotes de terrain
L’expérience de terrain livre son lot de surprises. Lors des primeurs à Bordeaux, il n’est pas rare qu’un cru dégusté dans un simple INAO paraisse fermé ou monolithique, tandis que le même vin, servi dans un verre plus ample chez le vigneron, révèle soudain toute sa palette tertiaire. À l’inverse, certains vins, surdimentionnés par un verre trop large, apparaissent déstructurés, presque évanescents.
Dans l’univers des spiritueux, cette influence est poussée à son paroxysme : un whisky tourbé se contracte dans un shot mais explose sur toute la gamme phénolique en tulipe.
Le plus grand piège reste psychologique : lors d’un test élaboré par la Society of Wine Educators, des sommeliers expérimentés ont évalué différemment le même vin servi dans des verres de formes diverses, attribuant jusqu’à deux points de plus à l’aromatique perçue dans le verre adapté au cépage.