HUMEURS VIGNE VIN

Disparition de 10 centres INAO : aujourd’hui le Conseil Permanent

 L’INAO a rendu public la semaine dernière son plan de restructuration territoriale visant à la disparition de dix centres INAO sur vingt-cinq. C’est le Conseil Permanent de l’INAO de ce jour, qui doit valider ce plan de restructuration, fruit d’une réflexion sur « les missions et organisation de l’Institut », selon le siège de l’INAO, à Montreuil-sous-Bois (93).

Une restructuration en marche

Les dix sites concernés sont Poligny, Chambéry, Villefranche, Avignon, Hyères, Narbonne, Perpignan, Bergerac, Angers, Sancerre. Parmi ceux-ci, certains des regroupements envisagés : Narbonne (Aude) et Perpignan (Pyrénées-Orientales), reproupés avec Montpellier (Hérault), Avignon (Vaucluse) et Hyères (Var) regroupés à Aix-en-Provence (Bouches-du-Rhône), Angers (Maine-et-Loire) qui doit être regroupé avec Nantes (Loire-Atlantique) ou Tours (Indre-et-Loire) et Bergerac (Dordogne) avec Bordeaux (Gironde). Au niveau national, 70 agents sur 250 sont concernés.

L’INAO précise que tous les personnels seront réaffecté sur les centres les plus proches, certains centres ne fonctionnant aujourd’hui qu’avec un ou deux personnes. C’est en effet des critères de taille du centre, de situation géographique, de nombre de dossiers traités et de nombres de signes de qualité suivis qui ont permis de sélectionner les centres  qui devaient faire l’objet de suppression. Les personnels de l’INAO dépendent du Ministère de l’Agriculture, avec un statut de fonctionnaires. Les deux solutions qui leur sont proposées sont donc soit de rejoindre le site INAO principal le plus proche, soit d’être reclassé dans une autre administration.

Les réactions en région

Dans les régions et départements concernés, les élus se sont élevés contre cette mesure. A Angers, le sénateur Christophe Béchu (UMP) a demandé au Ministre de l’Agriculture de « revoir sa copie ». En Languedoc-Roussillon, touché avec la fermeture de deux sites, Narbonne et Perpignan au profit de Montpellier, les parlementaires en appellent au Président de la République. Pour le Sénateur Roland Courteau, cette « décision va contre les besoins de maillage du territoire et de savoir-faire de l’INAO, au plus près des vignerons » et « le maintien de la structure est indispensable à Narbonne, une ville au cœur des appellations de l’Aude ».

Pour les viticulteurs des régions concernées par les fermetures de Centres INAO c’est incontestablement une moindre accessibilité aux services de l’INAO par éloignement physique et  augmentation du temps passé en trajet. Pour les personnels de l’INAO, ce sera une augmentation des frais de déplacement du fait du même éloignement, qui devra être compensée par une réelle économie sur les frais liés à l’immobilier pour justifier l’intérêt de la mesure. Et au final, c’est sans doute un avantage donné aux producteurs des régions centres qui eux conserveront l’avantage de la proximité facilitant le contact et donnant le pouvoir d’être mieux entendus.

Une restructuration qui vient de loin

Le véritable bouleversement a déjà eu lieu en 2006, depuis la réforme du contrôle des signes de qualité qui avait vu le contrôle a priori des produits sous signe de qualité passer à un contrôle a posteriori. L’INAO avait alors vu ses missions bouleversées, et avait dû alors fait l’objet d’une restructuration importante, déléguant la plus grande partie de ses missions de contrôle aux O.D.G. (Organismes de Défense et de Gestion des productions sous signes de qualité) et aux Organismes d’Inspection choisis par ceux-ci. Cette restructuration de l’époque avait alors concerné une centaine de personnels. La restructuration programmée à ce jour n’est sans doute que la suite d’une politique engagée depuis plus longtemps.



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