BORDEAUX DEGUSTATION

Millésime 2012 : où est-il le plus réussi en Bordelais ?

La limite de l’exercice des Primeurs

Bien sûr, il faudra déguster à nouveau plus tard ces vins du millésime 2012 car on connait la limite des Primeurs pour l’avis sur un cru. Ce qui est goûté n’est pas ce qui sera mis en bouteilles : il s’agit de prélèvements sur barriques, assemblages non faits, avec des échantillons prélevés souvent pour se présenter le plus avantageusement possible à cette exposition que sont les Primeurs qui va permettre de définir les prix de vente à suivre.

En effet, ces échantillons n’ont pas toujours les mêmes qualités que le vin fini qui sera mis en bouteilles. Modèle économique des Primeurs oblige : certains en jouent trop, mettant par là-même à mal la belle image des Primeurs de l’origine. Certains ont parlé de « bal masqué ». Même si cela n’a pas plu à tout le monde, la liberté du producteur est grande dans son chai de faire les échantillons qu’il veut, et dans un jeu où ceux qui le font en sortent gagnants, l’imitation a eu beau jeu de se développer ! Ce sont en effet ceux qui ne le font pas qui sont aujourd’hui les perdants de cette « exhibition ».

La découverte d’un millésime

Cette parenthèse étant faite en ce qui concerne les jugements individuels, on peut se réjouir cependant de cette manifestation des Primeurs qui permet véritablement à toute une filière de se faire une opinion sur un millésime et sur la réussite d’une appellation ou d’une région dans ce millésime.

En ce qui concerne le millésime 2012, on se doutait un peu que la Rive Droite et ses merlots seraient avantagés sur cette année qui avait été difficile à travailler au niveau de la vigne, nécessitant une vigilance de tous les instants pour la lutte contre les maladies de la vigne, et on pensait que les Pomerols tireraient bien leur épingle du jeu, notamment les argilo-sableux plus précoces.

Qu’en est-il aujourd’hui de ces supputations d’avant les dégustations Primeurs ?

Les Mots du Vin ont goûté de façon exhaustive les Grands Crus Classés de Saint-Emilion (dans le cadre de l’Association et à l’aveugle), les Pomerols (86 au Syndicat et 9 au Château la Conseillante pour l’Union des Grands Crus) et de même les Fronsac et les Canon Fronsac au Conseil des Vins de Fronsac, ainsi que la totalité des Bourgeois du Médoc présentés par l’Alliance (salle de presse, non anonymés), à l’exception des Haut-Médoc (Cela n’a pas été possible, nous présentons nos excuses aux crus concernés. Nous nous organiserons l’année prochaine pour pourvoir tout déguster dans de bonnes conditions). Dégustés de même pour Les Mots du Vin sur le millésime 2012, les Côtes de Bourg et les Bordeaux.

Il ressort de l’ensemble de ces dégustations que la Rive Droite tire bien son épingle du jeu, avec sans doute plus de matière, sur un fruit aux tanins veloutés et pour les plus réussis de belles structures et de très beaux équilibres. De ce que nous avons gouté, ce sont sans doute les Pomerol et les Canon Fronsac qui présentent de façon homogène les plus belles maturités et les plus beaux équilibres. mais globalement, on trouve de très belles réussites sur l’ensemble de la région libournaise, dont les Grands Crus Classés de Saint-Emilion, ou sur l’appellation Fronsac et de même sur certains Côtes de Bourg.  Il est vrai que Pomerol et Canon Fronsac ont le bénéfice de leur taille en matière d’homogénéité, et ce qui comptait en 2012, d’un pourcentage de merlot bien présent, et d’un terroir plus précoce (sol, proximité de la rivière).

Ces réussites sur la rive droite se caractérisent donc  par une belle structure sur des tannins soyeux, sur un beau fruit rouge avec de la fraîcheur, des belles matières. Cette structure et cet équilibre auront permis, de ne pas avoir à maquiller le fruit avec trop de tannins du bois. C’est d’ailleurs là où certains, sur la Rive Droite, ont péché par excès : le bois a parfois amené l’équilibre en bouche à devenir linéaire à partir du milieu de bouche.

Mais il ne faut pas cependant pas oublier le Médoc qui a su travailler pour tirer le meilleur parti de ce millésime 2012 dans l’élégance et le fruit et où de jolis vins qui se distinguent sont à découvrir de même. C’est en effet un monde où la finesse et l’élégance sont de mise avec des vins sans doute avec des structures moins impressionnantes, mais toujours dans l’élégance et avec un beau fruit.

Comme d’habitude, nous ne pourrons que conseiller de partir à la découverte des meilleures réussites dans chaque appellation.



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